40e Estivales Photographiques du Trégor

à L’Imagerie : 23 juin 29 septembre 2018
vernissage le samedi 23 juin à 18 h

à la Chapelle Saint-Samson : 23 juin 26 juillet 2018
vernissage le samedi 23 juin à 11 h

André Mérian / Anne-Lise Broyer / Arno Rafael Minkkinen / Bernard Descamps / Bernard Plossu / Corinne Vionnet / Cristina Garcia Rodero / Denis Brihat / Denis Dailleux / Dominique Mérigard / François Méchain / Frédérique Aguillon / Georges Dussaud / Georges Rousse / Guy Le Querrec / Isabelle Vaillant / Jane Evelyn Atwood / Jean Bizien / Jean Hervoche / Jean-Christophe Béchet / Joakim Eskildsen / John Batho / Jürgen Nefzger / Klavdij Sluban / Laurent Millet / Letizia Battaglia / Marie-Laure Guégan / Masao Yamamoto / Michael Kenna / Michel Séméniako / Michel vanden Eeckhoudt / Muriel Bordier / Nancy Wilson-Pajic / Pascal Kern / Pascal Mirande / Patrick Le Bescont / Pentti Sammallahti / Philippe Caharel / Richard Dumas / Richard Petit / Stéphane Couturier / Stéphane Duroy / Sylvain Girard / Thibaut Cuisset / Thomas Kellner / Valérie Villieu / Vincent Gouriou / William Klein / Willy Ronis

40e Estivales Photographiques du Trégor
photographie et design graphique : Antoine Leblond

Été 1979, sous la houlette de Guy Le Querrec conseiller artistique du 1er Festival Photographique du Trégor, Willy Ronis, Dennis Stock et Bruno Barbey arpentent les rues de Lannion à la découverte des expositions d’une manifestation créée par Jean Bichet, artisan photographe local, et par quelques passionnés de photographie. 1984, l’équipe du festival inaugure, grâce au soutien de la Ville de Lannion qui met à sa disposition des locaux au centre ville, L’Imagerie, galerie permanente consacrée à la photographie.

Été 2018, la manifestation devenue depuis Estivales Photographiques fête sa 40e édition et retrace, à partir du fonds photographique de L’Imagerie pour l’essentiel et de quelques prêts d’œuvres de photographes ou de leurs galeries, cette aventure de quatre décennies.

Le fonds photographique constitué à partir de 1984 est composé d’achats aux artistes exposés, de dons de ceux-ci ou de réalisations lors de résidences et comprend actuellement plus de 400 œuvres — dont 130 seront aux murs de la galerie — réalisées (millésime oblige !) par une quarantaine de photographes.

Regroupées thématiquement dans les 500 m² de la galerie, en trois salles et cinq ensembles, ces photographies couvrent un large champ de l’image classique comme contemporaine. C’est l’approche humaine de la collection qui fait l’objet de la 1re salle. Le visiteur y découvre à l’entrée Willy Ronis, le 1er exposant lannionnais et ses prises de vues faites à Paris dans les années 40 et 50, avant de s’orienter vers Cristina Garcia Rodero (fêtes religieuses en Espagne et Bretagne) et la Sicile douloureuse de Letizia Battaglia. Vient ensuite le New-York des années 50 avec William Klein et Jean Bizien puis l’Amérique contemporaine de Jean-Christophe Béchet. Voyages toujours avec l’Égypte, l’Afrique, la Sibérie, l’Inde, le Portugal, la Mer Noire (Denis Dailleux, Bernard Descamps, Pentti Sammallahti, Joakim Eskildsen, Georges Dussaud, Klavdij Sluban) sans oublier l’Europe du Silence de Stéphane Duroy.

Les portraits de Jane Evelyn Atwood (série Extérieur nuit sur les jeunes aveugles) répondent aux images sensibles de Vincent Gouriou (transformistes, handicapés…). Pendant qu’Isabelle Vaillant et Dominique Mérigard confrontent leurs regards sur l’enfance et leurs enfants, le regretté Michel Vanden Eeckhoudt tisse des liens entre humains et animaux des zoos. Relations humaines cette fois, à travers les portraits de Richard Dumas (Claude Chabrol, Miles Davis…), c’est de celles, rares et uniques, qui existent entre le photographe et son modèle qu’il s’agit.

Dernière étape dans cette salle et retour aux origines avec la Bretagne de Guy Le Querrec qui accompagna nos premiers pas et nous ramène ici au quotidien de nos parents et grands-parents.

Passage en salle 2 et la Bretagne encore mais côté rocs et landes cette fois avec les rivages de granit de John Batho, les îles de Bernard Plossu et les nuits antiques et magiques de Michel Séméniako, côté « Fresson » aussi pour ces trois auteurs. La Bretagne toujours chez Sylvain Girard et ses Pierres levées suggérées dans les brumes d’une profondeur de champ incertaine, la Bretagne aussi dans les subtiles plages enneigées de Patrick Le Bescont photographiées il y a 30 ans, avant que l’auteur ne quitte le moyenformat pour les rives plus téméraires de l’édition photographique. La Bretagne enfin mais de l’intérieur avec ses villages quasi-désertés figés hors saison par Philippe Caharel, et ses architectures religieuses et mystérieuses redessinées par les Monstrum de Marie-Laure Guégan.

À découvrir également les interprétations impressionnistes que fait l’artiste suisse Corinne Vionnet de Stonehenge ou Venise, les paysages tout de blanc cachés de Michael Kenna et Richard Petit ou ceux d’Anne-Lise Broyer qui mêlent photo et dessin.

Chez André Mérian, l’oeil hésite entre le vrai et le faux : la géométrie trop parfaite de sa ville nouvelle tient plus du décor de cinéma que du havre de paix familial ! Chez Jürgen Nefzger la paix aussi est trompeuse dans ce village qui cache les fluffy clouds d’une centrale nucléaire. Cette paix, on la retrouvera par contre avec plus de certitude dans l’aridité du désert du Nabib, ce « dehors absolu » que quêtait avec talent Thibaut Cuisset.

La dernière salle regroupe trois ensembles. Tandis que la chambre photographique de Stéphane Couturier découpe, dans de subtils mélanges des plans, les immeubles parisiens, les architectures revisitées par les anamorphoses de Georges Rousse et les montages de Thomas Kellner côtoient la nature sculptée de François Méchain.

Les espaces imaginaires, bureaux, piscines ou musées, emplis de l’humour de Muriel Bordier et les structures marines de Laurent Millet répondent aux Icares de Pascal Mirande qui nous mènent de Bonifacio à Barcelone.

Denis Brihat venu à Lannion pour une exposition personnelle il y a 30 ans puis à nouveau en 2006 pour le projet Nature, natures recrée et magnifie dans la magie de son laboratoire du Lubéron, à coup de précieux sels métalliques, la couleur de légumes photographiés en noir et blanc.

Près de lui, le bois brut des cadres qui entourent les cibachromes éclatants de Pascal Kern donnent à ses coupes d’arbres des airs de sculptures.

Avant le corps, un passage par le vêtement et le cyanotype grand format de Nancy Wilson Pajic qui a trouvé son inspiration chez Christian Lacroix.

L’exposition se termine par l’évocation du corps, celui de l’artiste dans les postures singulières d’Arno Rafael Minkkinen ou directes et frontales de Frédérique Aguillon, mais c’est aussi le corps du modèle observé par le Polaroid de Valérie Villieu ou les virages minutieux de Masao Yamamoto.