La Bretagne de Guy Le Querrec

18 octobre 3 décembre 2016
vernissage le samedi 15 octobre à 18 h
Pendant une course hippique. À marée basse, la baie est utilisée comme champ de courses.
Plouescat, baie du Kernic, Finistère Nord. Dimanche 5 août 1973.
© Quy Le Querrec, Magnum Photos

Accueilli en 2011 au Centre Atlantique de la Photographie de Brest pour sa série Jazz jour et nuit, Le Querrec le fut aussi à Lannion en… 1979 où il fut le premier conseiller artistique du Festival Photographique du Trégor (ancêtre des Estivales Photographiques actuelles). Il y fit venir notamment Willy Ronis, Dennis Stock et Bruno Barbey.

Parmi ses milliers d’images sur la région, il a opéré une sélection de près de 600 photos, dont de nombreux inédits, parmi lesquelles chaque galerie a retenu une sélection thématique : le monde du travail à Lorient, l’humain à Brest et l’insolite à Lannion. Mais chaque fois et quelque soit le sujet, l’acuité du regard et la précision de l’instant signent une photographie de Le Querrec : « Guy est un virtuose, dit de lui Raymond Depardon, il a un héritage sans doute « Magnumien », l’instant décisif, et il a aussi une forte personnalité. C’est un grand tireur, il déclenche son appareil au bon moment, il a beaucoup travaillé là-dessus, il nous a tous complexés ! »

L’exposition de l’Imagerie sera inaugurée le samedi 15 octobre à 18 h en présence de l’auteur puis visible du mardi 18 octobre au samedi 3 décembre.

Parallèlement à ces expositions un livre sort cet automne aux Éditions de Juillet (Rennes) et une conférence de l’auteur est programmée à la Salle polyvalente de Tonquédec (mercredi 23 novembre à 20 h). À Tonquédec toujours : présentation de photos grand format dans l’enclos paroissial avec le concours des associations locales.

« L’œil du griot »

« Il est à la fois le poète et le bouffon ! J’ai tout de suite pensé à lui, Guy est un virtuose. Il a un héritage sans doute « Magnumien », l’instant décisif, et il a aussi une forte personnalité. C’est un grand tireur, il déclenche son appareil au bon moment, il a beaucoup travaillé là-dessus, il nous a tous complexés ! C’est quelqu’un de très présent, il est authentiquement français, il porte en lui tout un monde, Guy est le vrai parigot !

« Et il aime le mot, il aime rire… J’ai eu la chance de faire un atelier avec lui, Guy est un grand expert de la pédagogie ! Je l’ai aidé mais aussi observé, sa science est monumentale, il a un discours incroyable sur la façon de faire des photos. Si je devais donner un conseil à quelqu’un, je lui dirai d’écouter Guy car il sait transmettre l’amour de la photo, la science. Il est un peu psychologue, sorcier, conseiller, il aime les gens, l’être humain. Il aime aussi la musique. C’est un grand plaisir pour nous.

« On a aussi ce point en commun, nous sommes des Africains tous les deux ! On a ce projet utopique de se rencontrer au milieu de l’Afrique, lui venant de l’ouest et moi de l’est. Un jour, peut-être, on fera ce reportage. L’Afrique lui va bien, il est peut-être le plus africain des photographes de Magnum. Il est le griot, il est le musicien, la danse, la gestuelle, la grâce, la parole, il aime les Africains,les gens, les femmes, la musique, les notes, les chansons. C’est un personnage à la fois très français,et en même temps universel. Je ne trouverai pas beaucoup de Guy Le Querrec dans le monde ! »

Raymond Depardon

Les autres expositions

Lorient, Galerie Le Lieu  : du 14 octobre au 11 décembre
Inauguration le jeudi 13 octobre à 18 h 30

Brest, Centre Atlantique de la Photographie : du 14 octobre 2016 au 7 janvier 2017
Inauguration  : vendredi 14 octobre à 18 h 30 

Quelques éléments de biographie

Guy Le Querrec, d’origines bretonnes, est né à Paris le 12 mai 1941.

Il prend ses premières photos à l’âge de 14 ans puis en 1962 achète son premier Leica avec le revenu de ses heures supplémentaires dans la compagnie d’assurances où il travaille. Il devient professionnel à 26 ans et débute dans une petite agence de publicité Atelier 3 située rue Daguerre à Paris.

En 1969, il est engagé par l’hebdomadaire Jeune Afrique comme reporter photographe et responsable du service photo. Pendant deux ans, il voyage fréquemment en Afrique noire francophone et dans les pays du Maghreb. Il rejoint ensuite l’agence Vu , dirigée par Pierre de Fenoÿl (1971) et, l’année suivante, co-fonde l’agence Viva qu’il quitte en 1975.

Sujets les plus représentatifs de cette période : la Bretagne, la famille en France (reportage collectif de Viva, 1973), le Portugal de la Révolution des Œillets (1974-1975), les Français en vacances (1976, première bourse de la Fondation Nationale de la Photographie).

Entré à Magnum en 1976, il est élu membre en 1977.

Principaux reportages : le concert Mayol à Paris (1979, bourse de la Ville de Paris), nombreux pays d’Afrique entre 1984 et 1998 dont un reportage sur les traditions en Pays Lobi au Burkina Faso dans le cadre du 50e Anniversaire de Magnum, la Chine (1984-1988- 1989), les États-Unis en 1990 : le Big Foot Memorial Ride (Dakota du Sud). De 1977 à 1985 une étroite collaboration avec le sculpteur Daniel Druet le conduit notamment à l’Élysée pour une dizaine de séances de pause du Président François Mitterrand. Une de ces photographies a été sélectionnée en 1999 dans la série Les 100 photos du siècle (TV et livre). En 1998 il est lauréat du Grand Prix de la Ville de Paris.

La musique, et tout particulièrement le jazz qu’il fréquente depuis les années 60, occupe une place importante dans son travail. Ses photographies constituent une chronique régulière et dense de l’univers des musiciens, de leurs gestuelles, de leurs cadences, de leurs relations et de leurs décors, aussi bien en scène, en concert, ou en répétition, que dans les coulisses, en voyages, en instance de création et de vie. Il va suivre notamment régulièrement Michel Portal dès 1964 (livrets pour les CD Minneapolis, 2001 et Minneapolis we insist, 2002) publiés chez Universal Jazz.

Lors des Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles, au Théâtre Antique, il crée deux spectacles, De l’eau dans le jazz en 1983, puis en 1993 Jazz comme une Image. Projetées sur écran géant, les photographies sont conçues comme partition pour une musique improvisée en direct par un quartet où il réunit Michel Portal, Louis Sclavis, Henri Texier et Jean-Pierre Drouet.

En 1998, il réalise pendant cinq semaines dans les stations du métro parisien, une campagne d’affichage évolutif Jazz comme une Image consacrée au festival Banlieues Bleues.

Depuis 1980, il a participé à une trentaine de films documentaires sur le jazz. Prolongeant les tournées africaines à travers 25 pays, avec les musiciens, Aldo Romano, Louis Sclavis et Henri Texier, trio inventé à son initiative, sont publiés chez Label Bleu, les coffrets (CD et livrets, récits photographiques de ces voyages) : en 1995 Carnet de Routes (Afrique Centrale et de l’ouest), en 1999 Suite Africaine (Afrique de l’est et du sud). En 2005, sortie du troisième volet du triptyque africain sous la forme de deux albums CD African Flashback, comprenant une sélection de près de 200 photographies prises lors d’autres reportages en Afrique entre 1968 et 1998, et mises en musique par ce même trio.

Raymond Depardon, directeur artistique des Rencontres Internationales de la Photographie d’Arles 2006, le choisit parmi ses « compagnons de route ». Sous le titre L’œil de l’éléphant, il se trouve impliqué lors de ces Rencontres dans trois projets : une importante exposition rétrospective de 70 photographies grand format, la création d’un nouveau spectacle de projection de ses photographies mise en musique en live par le même quartet qu’en 1983 et 1993, Portal, Sclavis, Texier, Drouet, et la direction d’un stage. Les deux spectacles L’œil de l’éléphant et Root africaine tournent en France, Belgique, Hollande, Hongrie, Espagne, Italie, Allemagne…

Guy Le Querrec mène par ailleurs, depuis son premier stage aux rencontres d’Arles en 1976 une activité pédagogique régulière et remarquée, en France (RIP d’Arles, Université Paris VIII, atelier de la Ville de Paris…) et à l’étranger (Suisse, Angleterre, Espagne, Canada, Sénégal…).

Ouvrage disponible : Guy Le Querrec en Bretagne, Éditions de Juillet